1.7.05

Débattre, clarifier, faire l'unité, agir ...

Il y a 25 ans, le parti socialiste était au sommet de son influence. Il défendait un programme de justice sociale chargé d’espoir pour tous les Français. Aujourd’hui aurait-il renoncé à tout espoir? Comment les socialistes ont-t-il pu ainsi se perdre de vue en cours de route?Comment pourra-t-on renouer avec une politique de l’espoir? Quand un trop plein d’assurance menace de nous faire perdre le sens des réalités rappelons nous que si l'on se laisse dépouiller de notre assurance ou de nos convictions, de la confiance de nos sympathisants, de notre électorat c’en est fait de nous.Du jour où les gens douteront de notre capacité à garantir leur sécurité, leur santé et leurs emplois, on sera tout aussi fichus. Céder ne serait-ce que sur un seul de ces terrains et l'on aura tout perdu.Les libéraux insaisissables, glissant de droite à gauche et inversement, se divisant puis resserrant les rangs au besoin, parfois au cours d’une même campagne. Continuent a appliquer leur credo «toujours promettre à gauche pour mieux gouverner au centre» Triomphante, la droite a proclamé la fin des « illusions gauchistes ». Le « marché », tel est désormais le nouveau maître économique et politique.Ceci laisse le parti socialiste devant les trois mêmes choix : se marginaliser en se radicalisant à gauche, batailler au centre ou rechercher les victoires morales.
Il a fait le choix de ne pas choisir!
Et pourtant, l’enjeu qui départage le libéralisme —même dans sa version hyper-frelatée à la Chirac—et la social-démocratie est limpide: celle-ci lutte pour une égalité des résultats tandis que le libéralisme se contente de promettre une égalité des chances.
La Droite juge suffisant de tenter d’égaliser les chances, puis de prier pour que l’ensemble des Français en voient les résultats. Les socialistes eux savent que les avantages indissociables d’une certaine fortune patrimoniale, d’un milieu familial stable et du tissu social de la classe moyenne confèrent de meilleures chances à ceux qui en bénéficient. Il est toutefois à la mode même chez certains socialistes, de cultiver l’illusion d’une réduction imminente et globale des inégalités.l’inégalité des revenus n’a jamais été si grande, les revenus de la classe moyenne stagnent ou fléchissent ;les classes supérieures n’oppriment plus vraiment les classes inférieures. Il leur suffit de les surpasser à chaque génération. De sorte que l’inégalité fondamentale ne concerne plus seulement le capital financier mais aussi le capital social .Augmenter les budgets est-ce la seule solution quand les familles sont perturbées et le milieu social dysfonctionnant ? Autant de manifestations d’exclusion sociale auxquelles un Tony Blair s’est attaqué de front, même si son enthousiasme pour la « guerre au terrorisme » a détournée l’attention de son approche «moderne de la social-démocratie.»Il a établit clairement que les services publics doivent répondre à des normes plus strictes dont la gestion ne relève pas des syndicats, et que médecins, enseignants et fonctionnaires sont redevables aux contribuables qui les rétribuent.Cette approche inédite, qui consiste de fait à gouverner au centre-gauche, repose sur la conviction que la fin de la mobilité sociale marquerait l’émergence d’une classe de citoyens de plus en plus marginalisés et amers, et la fin de toute société démocratique.Le rôle de la social-démocratie— lutter pour une vie meilleure, soulager la pauvreté, renforcer la justice et créer des possibilités — était vu il y a dix ans comme dépassé par les esprits rationnels, ces enfants trop optimistes du Siècle des lumières. Moins enivrante, la décennie qui s’achève en aura tout au contraire renforcé la pertinence.
Le parti socialiste Français approuve? désapprouve?
Moi je la connais la réponse . Lui ne sait nous répondre!
Qu’il s’exprime le peuple de gauche s’impatiente!

A suivre...

Diluer ses idées pour régner ?





Non seulement le pouvoir corrompt-il ceux qui l'exercent, mais la logique de compétition démocratique corrompt inévitablement ceux qui militent pour des idées.

Lorsqu'on s'implique en politique, il faut investir énormément de temps et d'efforts pour arriver à avoir une influence. On peut s'amuser et développer des relations amicales très gratifiantes en politique; mais même si la victoire ultime n'est pas la seule chose qui compte, la perspective de l'atteindre un jour est essentielle. Et pour avoir l’espoir de l'atteindre, il faut arriver à. convaincre le plus grand nombre. Plus un parti a une chance d'atteindre le pouvoir, moins il aura tendance à mettre en avant des idées et des positions qui rebutent l'opinion majoritaro-dominante telle que définie par les faiseurs d'opinion en place, qui peuvent filtrer l'information et répandre un point de vue « politiquement correct ». Il aura ainsi tendance à diluer ses positions les plus radicales ou qui font l'objet de controverse.

Il existe bien sûr des partis qui continuant à défendre des idées plutôt radicales. Mais ou bien ils sont marginaux et vont sans doute le rester s'ils maintiennent leur pureté idéologique, ou bien il s'agit de partis dit de protestation, qui connaissent une flambée de popularité en mettant en avant une préoccupation ignorée par le gouvernement et les principaux partis. C'est le cas de la question de l'immigration par exemple. Les partis populistes se sont souvent construits autour de la personnalité d'un chef charismatique, avec des programmes totalement incohérents, et disparaissent rapidement de la scène politique dès que la préoccupation qui les a portés cesse d'être dans l'air du temps.



30.6.05

Militante Socialiste en colère!

Immigration choisie ? Chiche ?

D’aucuns crient au naufrage du vaisseau France. Le rapport de Malek BOUTIH vient à point nommé hurler avec les loups. Il a même devancé les aspirations de Nicolas Sarkozy notre ministre pressé.

Que nous dit ce rapport? Un acronyme attrayant: 2A2I pour une improbable Administration pour l’Accueil et l’Insertion des Immigrés décidemment trop chouchoutés par la gauche. Des permis de séjour et de travail tricolores divisés en diverses catégories formant une hiérarchie de précarité. Il enjoint la France à enrayer l’immigration et la clandestinité en institutionnalisant le pouvoir de recourir à une main d’œuvre étrangère bon marché. Sa solution: introduire un statut de saisonnier permettant aux étrangers de venir travailler sur appel pour une durée limitée et sans regroupement familial.

Une immigration protectionniste, sécuritaire empreinte d’anachronisme, c’est ce que nous propose Malek BOUTIH. Et l’Europe dans ce fatras? L’Europe et sa longue tradition d’immigration? Néant, pas l’ombre d’une analyse, d’une perspective.

Nicolas Sarkozy a actionné dans le circuit politico intellectuel, en panne sur la question -concédons lui ce mérite- l’unique soupape de sécurité en temps de crise sociale. S’appuyant incontestablement sur les prérogatives de l’Etat nation et accompagnant le règne de la tyrannie du national, on nous refait le coup de l’étranger, (terme fourre-tout allant de l’immigré traditionnel, au faux requérant, jusqu’au naturalisé douteux) garant de la paix sociale. Montrer du doigt les étrangers et ils redeviendront les boucs émissaires de nos crises nationales. Leur rejet serait une réponse au manque de repères d’identité nationale. Cette propagande doucement distillée dans notre pays pour créer un ferment unificateur dans une France qui risquerait de partir en éclats. Construite autour d’un «Je suis Français car je ne suis pas étranger» tentera toujours les opportunistes du mandat électif de tout bord.

La France a voté non a la constitution européenne mais La France est européenne, elle l’est plus que jamais. Réfléchir à la question de l’immigration dans notre pays sans s’adosser à tout ce qui est en train de prendre forme en Europe en la matière est une erreur politique majeure. On ne peut donc que s’interroger sur le bien fondé de ces propositions mettant d’accord un pan de notre parti et la droite, dans un contexte de manque de main d’oeuvre, de vieillissement de la population active européenne identifié, en 2000, tant par les Nations Unies que par le Bureau International du Travail, ainsi qu’en Allemagne, dans le projet de loi sur l’immigration de 2001, en Italie par le Gouvernement Berlusconi, et en France par le Conseil économique et social en 2003 (rapport de Michel Gevrey).

Quels étrangers veut-on admettre sur le marché du travail de notre pays ? Est-il encore nécessaire de faire venir sur le marché du travail Français des ressortissants de « pays tiers », étant donné la libre circulation des personnes dans l’UE ? L’UE ne représente-t-elle pas un espace suffisamment étendu pour couvrir les besoins de personnel étranger dont la France a besoin ? Faut-il fixer le principe général suivant : pas d’autorisation de travail pour des ressortissants de pays tiers ? Et dans ce cas, faudra t-il prévoir un certain nombre d’exceptions? Les ressortissants de certains pays doivent-ils être traités de manière privilégiée?

Voilà les questions que Nicolas Sarkozy pose en filigrane.

Sous la pression conjointe de l’économie et de l’opinion, dans un contexte devenu planétaire, maîtriser les flux migratoires est certes utile, s’inquiéter de la recrudescence d’une certaine xénophobie et d’agir est urgent mais un tel constat ne peut en aucun cas donner lieu à une politique démagogique et populiste. Quand xénophobie rime avec stratégie et que le droite manœuvre à instrumentaliser le thème de la xénophobie afin d’écraser de son poids des partis d’extrême droite cela peut se concevoir, mais on est en droit d’attendre des socialistes d’autres solutions, d’autres pistes.

Notre secrétaire nationale en charge des questions de société; serait bien inspiré de relire la déclaration de principe de notre parti qui se fixe pour objectif l'émergence d'une société qui réponde aux aspirations fondamentales de la personne humaine telles que les ont définies des siècles de luttes pour le progrès: la liberté, l'égalité et la dignité des hommes et des femmes, le bien-être, la responsabilité et la solidarité. Il est prié de revoir sa copie et de replacer le débat sur le terrain des droits, des droits humains, des principes et des règles pouvant servir de points d’ancrage pour l’avenir de notre société pour la définition du bien commun, du vivre ensemble et des moyens pour le permettre.

Qu’il faille le lui rappeler est gênant !

Naoual